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| PRÉSENTATION DU LIVRE DE NICOLAS GUILHOT |
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Présentation du livre de Nicolas Guilhot sur l’histoire de l’hôpital de Beaujeu du 12e siècle à nos jours
L’hôpital de Beaujeu est très ancien : son existence est connue de manière certaine depuis 1240, mais sa fondation remonte sans doute au 12e siècle. Afin de valoriser les nombreuses archives qu’il conserve depuis le 16e siècle, une étude historique a été commencée en juin 2007 ; elle se conclura au mois de septembre 2008 par la publication d’un livre relatant l’histoire de l’établissement de sa création il y a plus de sept siècles aux dernières étapes de sa modernisation dans les années quatre-vingts.
Cette histoire témoigne de la double influence des évolutions nationales et des particularités locales. Du 12e au 17e siècle, l’hôpital de Beaujeu reste une maison très modeste, comme il en existe dans tout le royaume, qui décline en même temps que la puissance politique des sires de la ville, mais survit grâce à la générosité des notables locaux et à un domaine qui comprend déjà quelques vignes. Confrontés à la dégradation du bâtiment médiéval, les habitants décident en 1685 de le reconstruire entièrement. Cette initiative est présentée comme une véritable refondation de l’établissement : l’organisation administrative est réformée, deux sœurs de l’ordre de sainte Marthe sont demandées à l’hôpital de Villefranche pour venir fonder une communauté d’hospitalières à Beaujeu, et les médecins et chirurgiens de la ville sont chargés de venir visiter les malades. En 1735, le Roi confirme finalement l’existence de ce qu’on appelle maintenant l’hôtel-dieu.
La suite de l’histoire de l’hôpital est marquée par une succession de périodes fastes pendant lesquelles l’établissement agrandit ses bâtiments, augmente son nombre de lits et développe son domaine, et de périodes de grandes difficultés provoquées par les évènements politiques et les crises agricoles. Les mauvaises récoltes et le séquestre des biens hospitaliers pendant la Révolution plongent par exemple l’hôtel-dieu dans des difficultés financières qui ne s’effacent vraiment qu’aux environs de 1830-1840, quand le domaine de la Grange Charton légué par les sœurs de Millières en 1809 et mis en valeur par Pierre Delafond atteint son plein rendement. L’hôpital reste en effet tributaire du revenu de son domaine et de la générosité des bienfaiteurs qui sont étroitement liés : pendant les périodes de mauvaises récoltes, les dons se font plus rares parce que les donateurs subissent aussi les difficultés des temps, le domaine rapporte moins, alors même que l’augmentation du nombre de pauvres à accueillir demanderait un revenu plus important. En effet, même si quelques chambres payantes ont été installées, les malades reçues dans la maison sont en majorité soignés gratuitement sur les fonds propres de l’établissement.
Sur ce schéma classique des crises hospitalières, la grande gelée de l’hiver 1879 et l’invasion du phylloxéra plongent à nouveau l’hôpital dans une situation critique. Celle-ci pousse la préfecture à imposer plus de rigueurs dans les comptes, ce qui entraîne la généralisation du paiement à la journée : d’abord pris en charge par les communes, il entre en 1893 dans le cadre de la loi sur l’assistance médicale gratuite, même si les lits explicitement fondés par des donations particulières restent à la charge de l’établissement jusque dans les années vingt. Grâce à cette nouvelle source de revenu et au rétablissement des vignes, l’hôpital retrouve l’équilibre budgétaire au début du 20e siècle. Plusieurs aménagements sont alors exécutés, parmi lesquels la création de salles spéciales pour les maladies contagieuses (en particulier la tuberculose) et l’aménagement d’une maternité en 1909, qui ferme finalement en 1967 à cause du manque de naissances. Entre temps, l’hôpital a été intégré après la seconde guerre mondiale dans le cadre de gestion public de la caisse nationale d’assurance maladie. A partir des années soixante-dix, une politique de modernisation est mise en œuvre, avec la construction en 1984 d’un nouveau pavillon de médecine et en 1996 d’une nouvelle aile baptisée « les balcons de l’Ardière », sur l’emplacement de l’ancienne infirmerie des sœurs bâtie en 1846 et du prolongement de l’aile sud construit en 1868.
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